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Développement et achats de composants : le métier qui relie le studio à la production

Sourcing, faisabilité technique, PLM, qualité, industrialisation : ce que recouvre le développement de matières et de composants dans une maison de luxe.

Par 2 min de lecture

Bobines de fil multicolores alignées

Quand une collection est présentée, on voit les silhouettes, les matières, les détails. On voit moins le travail qui a permis à chaque bouton, chaque doublure ou chaque broderie d’exister. C’est le rôle du développement et des achats de matières et de composants, le métier que j’ai exercé chez Courrèges, Hermès puis Givenchy.

Qu’appelle-t-on un composant ?

Dans le vocabulaire du développement, les composants désignent ce qui, en dehors de la matière principale, entre dans la fabrication d’une pièce : boutons, fermetures, boucles et pièces métalliques, rubans et galons, merceries, doublures, broderies ou ennoblissements. Ce sont souvent des éléments de petite taille, mais ils portent une grande part de l’identité et de la qualité perçue d’un vêtement ou d’un accessoire.

De l’intention du studio à la faisabilité technique

Tout commence par une demande du studio de création : une matière, un effet, un détail. Le développement consiste d’abord à traduire cette intention en solution réalisable. Il faut identifier les fournisseurs capables de la produire, analyser la faisabilité technique avec les équipes studio, production et qualité, et anticiper les points de blocage avant qu’ils ne deviennent des retards.

Le sourcing et la relation fournisseurs

Le choix des partenaires est décisif. Il s’agit de constituer et de faire vivre un panel de fournisseurs, d’évaluer de nouveaux partenaires selon les priorités de la collection et l’innovation matière, puis de négocier les prix et les délais. Cette relation se construit dans la durée, et c’est elle qui permet de trouver des solutions quand un développement se complique.

Le PLM, mémoire de la collection

Chaque développement donne naissance à une référence : codification, nomenclature, fiche technique, données de coût et de délai. Ces informations sont centralisées dans le PLM (Product Lifecycle Management), l’outil qui suit le produit de sa création à sa fabrication. Chez Hermès, j’ai ainsi suivi plus de 3 000 références.

La fiabilité de ces données conditionne tout ce qui suit : une erreur de codification découverte au moment du lancement en production se traduit en retards et en coûts.

Qualité, conformité et passage en production

Avant d’entrer en production, un composant doit être validé : tests en laboratoire, contrôle qualité, conformité aux réglementations. Viennent ensuite les pré-séries, puis les validations de lancement, souvent appelées GO prod et GO indus, qui sécurisent le passage de l’échelle du prototype à celle de la fabrication. Le rôle du développement est d’accompagner ce transfert en veillant à la cohérence technique, qualitative et stylistique.

Un métier d’interface

Développer des composants, c’est avant tout coordonner : le studio, les achats, la production, l’industrialisation, la qualité et les fournisseurs. Le métier demande à la fois une culture technique, un sens de la négociation et une attention constante à l’esprit de la collection.

Pour découvrir les postes où j’ai exercé ce métier, lisez mon parcours.

Photo : Vishal Banik sur Unsplash